lundi 27 avril 2015

Lundi Librairie : Comment attirer le wombat - Will Cuppy



Anti-manuel de zoologie, pastiche d’ouvrage scientifique, Comment attirer le wombat est un bestiaire irrésistible de drôlerie qui aborde à travers des notules descriptives empreintes d’humour absurde et de non-sens les aspects insoupçonnés du monde animal. C’est avec le plus grand sérieux que William Cuppy enchaîne les extravagances désopilantes, les énormités truculentes. Incongruité du canular, il répertorie les bestioles les plus communes et les plus saugrenues qui peuplent notre planète leur adjoignant des catégories très personnelles tout à fait fantasques : les mammifères problématiques, les insectes pour tous, ceux optionnels, les oiseaux incapables de chanter et qui le savent etc… Faux exposé scientifique, ce recueil en reprend, toujours avec dérision, la forme structurelle, le vocabulaire, avec de nombreux termes techniques d’anatomie, profusion de notes de bas de page, références aux classiques  «Pline l'Ancien affirme que les perles se forment à partir de gouttes de rosée qui tombent dans l'huître lorsqu'elle bâille. Ne peut-on vraiment rien faire contre ce type ?». Ponctuées d’interludes cocasses, pour ne citer que le premier : Comment écraser une mouche, ces fables de Cuppy le moraliste, comme les Fables de La Fontaine, dressent un portrait en creux de l’être humain.

samedi 25 avril 2015

Paris : Passage des Panoramas, le charme suranné de l'un des premiers passages couverts - Paris 2



Alors que les grands boulevards créés au XVIIème siècle sur le tracé de l’ancienne enceinte de Charles V ne sont qu’une allée plantée d’arbres, au cours du XVIIIème siècle, de nombreuses attractions et théâtres viennent animer un quartier dont le visage se modifie au gré de son succès. Paris qui sous la Restauration a conservé des caractéristiques médiévales avec des rues étroites, inégalement pavées, sans trottoirs, ni égouts, accueille avec enthousiasme les premiers passages couverts, lieux de vie mondaine et de flânerie. Entre arcades et marchés couverts, ils s’inspirent à la fois des souks orientaux et des galeries de bois comme celles du Palais Royal qui dès 1786 donnent une bonne idée de ce que seront les futurs passages. Accumulation de marchandises, lumière zénithale, ces galeries commerçantes marquent une rupture urbanistique radicale introduisant un nouveau mode de consommation et de cheminement. 

jeudi 23 avril 2015

Thursday Oh Yeah ! : David Tennant, 10 anecdotes à quatre mains



L’homme du jour, tout en charme, a été l’un des plus acclamés Doctor Who. Comédien de théâtre renommé, il fait les beaux jours de la télévision britannique avec des rôles marquants comme le fameux Docteur ou encore Casanova ou plus récemment le capitaine Alec Hardy dans la série Broadchurch. H. Olive du blog L’olive et le samovar qui est un grand fan et que je remercie chaudement, m’a aidé à dénicher pour vous aujourd’hui anecdotes et photographies. Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, monsieur David Tennant, sous vos applaudissements !

Video Killed the Radio Stars : Kim Carnes - Bette Davis Eyes



Her hair is Harlow gold, her lips sweet surprise
Her hands are never cold, she's got Bette Davis eyes
She'll turn the music on you, you won't have to think twice
She's pure as New York snow, she got Bette Davis eyes

And she'll tease you, she'll unease you
All the better just to please you

She's precocious, and she knows just
What it takes to make a pro blush
She got Greta Garbo's stand off sighs, she's got Bette Davis eyes


mercredi 22 avril 2015

Théâtre : Albertine Sarrazin d'après l'oeuvre d'Albertine Sarrazin - De et avec Mona Heftre - Théâtre de Poche Montparnasse - Paris 6

Crédit Louis Décamps


Née à Alger, abandonnée à l’Assistance Publique, Albertine est adoptée par un couple sévère qui n’a pas tellement d’amour à donner. Élève brillante, le Colonel son père adoptif décide pourtant de la placer dans une sinistre maison de correction à Marseille où elle s’éprend d’une camarade, Emilienne. Le jour du bac, Albertine s’enfuit en auto-stop pour monter à Paris. Elle y a rendez-vous place de la Concorde avec son amie. Toutes deux vivotent de rapines lorsqu’elles sont arrêtées au cours d’une tentative de braquage. Alors qu’elle a à peine dix-sept ans, Albertine est condamnée à sept de prison. Mais elle s’évade en sautant par-dessus un mur se brisant l’astragale, titre de son premier roman, un petit os du pied. Au cours de sa cavale, elle est recueillie sur la route par Julien Sarrazin, petit voyou, qui deviendra son mari. 

mardi 21 avril 2015

Cinéma : Every Thing Will Be Fine de Wim Wenders - Avec James Franco, Charlotte Gainsbourg, Marie-Josée Croze, Rachel McAdams - Par Didier Flori



Dans la campagne canadienne, Tomas (James Franco) est un écrivain qui traverse une crise. Il recherche une inspiration qui peine à venir et ses relations avec sa compagne sont tendues. Alors qu’il roule sur une route désolée par temps de brouillard, il percute un enfant. Dès lors son destin bascule et va se tisser en parallèle de la famille endeuillée de sa victime,  sa mère Kate (Charlotte Gainsbourg) et son frère Christopher.

lundi 20 avril 2015

Lundi Librairie : Journal d'un corps - Daniel Pennac



En revenant de l’enterrement de son père décédé en 2010 à l’âge de 87 ans, Lison, la fille du narrateur, a reçu par voie de notaire un étrange héritage. De septembre 1936, à l’âge de 12 ans, jusqu’à octobre 2010 quelques jours avant sa mort, celui-ci a tenu par le menu un journal singulier. Délaissant, la mémoire classique des vagues à l’âme, il y raconte l’histoire de son corps de l’adolescence au grand âge. Enfance chétive auprès d’une mère castratrice, hantée par le souvenir d’un père vétéran de la Première Guerre Mondiale marqué dans sa chair, érudit valétudinaire, homme tendre dépossédé de son épaisseur physiologique, le conteur s’interroge sur la dimension physique de son existence. Comment il s’est incarné en se construisant un corps, en se construisant une image. Présence libératrice de Violette, aimante nourrice au grand cœur et au bon sens paysan, épanouissement du jeune homme, découverte de la sexualité, rencontre avec Mona, la femme de sa vie, maturité et lente déliquescence de l’âge, ce journal impudique, dénué de fausse pudeur, prend la forme d’une ode reconnaissante envers ce vaisseau de chair, compagnon de toute une vie que la bienséance sociale voudrait passer sous silence.

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